Salon Paris Photo: le marché de la photo se porte bien malgré la crise
PARIS (AFP) - Le marché de la photographie "survit très bien" à un impact éventuel de la crise financière, dans les stands du salon Paris Photo tout comme aux enchères chez Sotheby's, où se déroulait samedi une importante vente de photos anciennes.
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| Exposition des photos du réalisateur américain David Lynch dans une galerie de Tokyo, le 12 novembre 2008 (© AFP - Anne-Cecile Guthmann) |
Les galeristes interrogés samedi par l'AFP à l'occasion du salon Paris Photo qui se tient de jeudi à dimanche, vendent moins mais vendent tout de même, disent-ils. "On a moins vendu mais on survit très bien", a indiqué Christine Ollier qui dirige la galerie parisienne Les filles du Calvaire.
Les "amateurs ont moins d'argent, mais cela ne signifie pas qu'ils n'achètent plus", dit-elle, "ils regardent, font un tour, reviennent et achètent. C'est un choix plus rationnel, plus pensé", dit la galeriste qui vend de jeunes artistes comme Mohamed Bourouissa à plusieurs milliers d'euros.
A la galerie new-yorkaise Hans Kraus, qui vend de la photo ancienne, "le marché est bien meilleur qu'à New York". La galerie a vendu plus que tout autre année à l'exception de l'an dernier, et vend même à de nouveaux clients, dit M. Kraus qui "ne s'explique pas pourquoi. Peut-être ces photos de qualité muséale sont-elles une valeur refuge", dit-il.
La galerie a mis en vente la pièce la plus chère du salon, "The Bicknell Album". Ce recueil de quelque 80 cm de haut de photographies prises en Ecosse de 1843 à 1847, est proposé à 3,5 millions d'euros. Plusieurs clients - musées ou collectionneurs privés - se sont montrés intéressés, selon lui.
Michael Hoppen, de Londres, qui s'affirme lui aussi "très heureux" de la foire, a néanmoins anticipé en baissant les prix des clichés qu'il vend autour de 10.000 euros. Katsuya Ishida (Galerie MEM INC, Osaka) a lui aussi gardé ses prix de l'an dernier. "On a vendu moins, mais le marché est toujours actif. Les prix - de 1.000 à 6.000 euros - sont abordables", dit-il.
Pour Guillaume Piens, les "ventes sont plus lentes, il y a beaucoup de réservations, la +valeur sûre+ guide beaucoup les achats", ajoute le directeur de la manifestation.
La maison Sotheby's s'est également estimée "très contente" de la vente Jammes, qui proposait samedi 192 lots de la plus importante collection privée française de photos anciennes.
La vente a rapporté 2,03 millions d'euros, soit légèrement plus que son estimation basse, enregistrant un taux de vente de 72,4% en lots, 79,6% en valeur.
Selon l'experte Simone Klein, "la vente a bien marché mais on a bien senti qu'il y avait une crise. Les acheteurs étaient sélectifs mais il y a eu quelques folies". Les Américains étaient par ailleurs dans la salle, s'emparant de la majorité des dix plus gros lots, a-t-elle précisé.
Le lot phare a été un daguerréotype du baron Cros parti à 217.000 euros (estimation 150.000-200.000), un autre de Girault de Prangey à 94.350 (70.000-80.000), un Charles Nègre à 29.550 euros (4.000-5000). Un Charles Cros en couleur, estimé 120.000-150.000, n'a pas trouvé preneur.