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Santé

RDCongo: rupture de la trêve en Ituri, situation "très tendue"

KINSHASA (AFP) - Le commandant des Forces armées congolaises (FARDC) en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a jugé mardi la situation "très tendue" depuis l'attaque dimanche d'une patrouille de l'armée par des miliciens dans ce district.

Des soldats congolais célèbrent une victoire contre une milice, en Ituri, le 23 mai 2006 (© AFP/Archives - José Cendon)
Douze miliciens et deux soldats ont été tués dans cette attaque, menée par au moins 150 combattants répondant aux ordres du chef milicien congolais Cobra Matata, près de Cingo, une localité située à environ 60 km au sud de Bunia, chef-lieu du district d'Ituri.

"Après les combats de dimanche, les miliciens se sont repliés, mais ne sont pas partis", a déclaré à l'AFP le général Nsiona Mbuayama, commandant des opérations de l'armée congolaise en Ituri, joint à Bunia depuis Kinshasa.

"Il occupent les hauteurs du côté nord (surplombant la localité de Cingo) et nous les hauteurs côté sud. A tout moment, cela peut dégénérer", a-t-il affirmé.

Ces affrontements ont marqué la fin d'une trêve de plus de deux mois dans cette région riche en or, après la signature le 26 juillet d'un accord entre le gouvernement et les chefs miliciens actifs d'Ituri, regroupés pour la plupart au sein du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), créé en juin 2005 en Ouganda.

Ces chefs miliciens, dont Cobra Matata, s'étaient engagés à déposer les armes, en échange d'une amnistie générale et de leur intégration au sein des FARDC.

Un officier congolais a déploré, sous couvert d'anonymat, l'impuissance des FARDC dans une situation où sur le plan militaire, "il n'y a pas d'ordre clair pour attaquer les miliciens, et où de l'autre côté, on ne règle pas le problème politique, en faisant traîner les choses pour nommer les chefs (miliciens) aux grades qu'on leur a promis".

Pour un observateur des Nations unies en Ituri, la reprise des actions offensives des miliciens, estimés à environ 3.000, pourrait témoigner "d'une volonté d'obtenir satisfaction sur leurs revendications", mais aussi augurer d'une "volonté de déstabiliser la région avant, pendant ou après les élections" présidentielle et provinciales du 29 octobre.

Dans ce dernier cas, a poursuivi cet observateur, "il faudrait s'interroger sur le rôle du voisin ougandais" sans le soutien duquel "ces milices n'auraient jamais pu opposer une résistance durable à l'armée" congolaise, appuyée par les Casques bleus.

La reprise des combats a entraîné dès dimanche le déplacement de centaines de personnes, qui ont "fui dans la forêt" et auxquels "les humanitaires n'ont pas accès", l'insécurité empêchant tout déplacement, a indiqué à l'AFP Idrissa Konte, un responsable du bureau des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha) en Ituri.

"Les gens vivent dans la peur, a-t-il ajouté. Il y a encore 200.000 déplacés qui ne peuvent pas rentrer chez eux" en Ituri, une des régions les plus touchées par la dernière guerre en RDC (1998-2003).

Publié le: 03/10/2006 à 18:24:41 GMTSource : AFP