Onu-Droit humanitaire violé par Israël et le Hezbollah au Liban GENEVE (REUTERS) - Israël et le Hezbollah ont tous deux enfreint gravement le droit humanitaire international cet été durant leurs 33 jours de conflit, estime une équipe de hauts fonctionnaires des Nations unies dans un rapport remis mardi à Genève au Conseil des droits de l'homme de l'Onu. Israël n'a pas fait de distinction entre objectifs civils et militaires, a ignoré le principe de la proportionnalité de la riposte et n'a pas pris toutes les précautions nécessaires pour limiter les pertes et dégâts infligées aux populations.
De son côté le Hezbollah, qui a déclenché le conflit en enlevant deux soldats israéliens, a violé le droit humanitaire en prendant pour cibles des zones civiles du nord d'Israël avec ses roquettes Katioucha munies de têtes à charges antipersonnel, souligne le rapport.
Ces violations de la part des deux parties sont à l'origine de l'étendue des pertes humaines, des destructions matérielles et des déplacements de population de grande ampleur constatées durant ce conflit relativement bref, notent les enquêteurs, qui se sont rendus en septembre en Israël et au Liban.
L'équipe était composée de quatre hauts fonctionnaires spécialisés: Philip Alson (exécutions arbitraires), Paul Hunt (droit à la santé), Walter Kaelin (populations déplacées) et Miloun Kothari (logement).
Ils pressent Israël de révéler précisément où son aviation a largué ses bombes à fragmentation, dont les composants non explosés constituent un danger majeur pour la population civile, estimant que les informations fournies jusqu'à présent aux autorités libanaises sont ""inadéquates et largement inutiles"".
Les enquêteurs invitent parallèlement le mouvement chiite libanais à admettre qu'il est lié par le droit humanitaire international et donc à renoncer à prendre des civils pour cibles.
Ce rapport, distinct de celui que doit remettre au Conseil une commission actuellement à l'oeuvre sur place pour déterminer si des crimes de guerre ont été commis, confirme les conclusions auxquelles étaient déjà parvenues des ONG comme Amnesty International et Human Right Watch.Publié le: 03/10/2006 à 16:34:48 GMTSource : Reuters |