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Iran: Rice prévient que "le temps presse pour la communauté internationale"

LE CAIRE (AFP) - La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a prévenu mardi au Caire que "le temps presse pour la communauté internationale" si elle ne veut pas perdre sa crédibilité sur le dossier nucléaire iranien.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, le 3 octobre 2006 au Caire (© AFP/POOL - Nasser Nasser)
"J'espère qu'il y a encore une marge de manoeuvre pour résoudre ceci", a déclaré la chef de la diplomatie américaine, qui devrait participer en fin de semaine à une nouvelle réunion ministérielle des six pays impliqués dans les discussions sur le dossier nucléaire iranien.

"Mais le temps presse pour la communauté internationale parce que bientôt, sa propre crédibilité à faire respecter ses propres résolutions (...) sera remise en cause", a ajouté Mme Rice qui fait pression pour des sanctions.

Le représentant de la diplomatie de l'UE Javier Solana et le principal négociateur du nucléaire iranien Ali Larijani ont conclu la semaine dernière leur troisième série d'entretiens sur un simple constat de "progrès" et sont convenus d'un nouveau "contact" cette semaine.

Mais Washington a prévenu que les négociations des Européens avaient une "limite". "Je pense que vous aurez la réponse pour la fin de la semaine", a ainsi déclaré à un journal américain le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires politiques, Nicholas Burns.

M. Burns négocie actuellement les éléments d'une liste de mesures contraignantes avec ses homologues de Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne si l'Iran refuse de suspendre son programme nucléaire controversé.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana (g) et le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani, le 27 septembre 2006 à Berlin (© AFP/Archives - Michael Kappeler)


Mme Rice s'est déclarée confiante dans ses chances de rallier les cinq partenaires des Etats-Unis à une résolution de l'Onu prévoyant des sanctions à l'encontre de Téhéran, malgré les réticences exprimées par la Russie, la Chine et dans une moindre mesure la France.

"Je sais que les six parties sont totalement engagées envers la logique de la résolution 1696, sinon elles n'auraient pas voté pour", a-t-elle déclaré.

La résolution 1696 du Conseil de sécurité de l'Onu, adoptée fin juillet, donnait jusqu'à fin août à Téhéran pour suspendre l'enrichissement, faute de quoi le Conseil lui imposerait des sanctions.

Interrogée sur la proposition iranienne à la France de créer un consortium pour la production en territoire iranien d'uranium enrichi et permettre ainsi de surveiller les activités nucléaires de Téhéran, Mme Rice a estimé que c'était une "vieille idée" et l'a rejetée.

"Il y a une idée de consortium que les Etats-Unis soutiennent, c'est la joint venture que la Russie a proposé qui ne permettrait pas l'enrichissement et le retraitement sur le sol iranien", a-t-elle déclaré.

La secrétaire d'Etat américaine a une fois de plus accusé l'Iran de chercher à gagner du temps pour faire avancer le plus possible ses activités d'enrichissement de l'uranium, que les Etats-Unis soupçonnent d'être destinées à acquérir l'arme nucléaire.

Le directeur adjoint de l'Agence iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, a proposé dans une interview que "la France créé un consortium avec (les sociétés françaises) Eurodif et Areva pour faire de l'enrichissement d'uranium en Iran". "Ainsi ils pourront surveiller étroitement nos activités", a-t-il ajouté.

Paris a écarté cette proposition à ce stade alors que le Haut représentant pour la politique extérieure européenne Javier Solana, qui est en contact avec le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani, a jugé "intéressante" l'idée d'une telle surveillance.

Publié le: 04/10/2006 à 05:50:21 GMTSource : AFP