Amadou et Mariam élargissent leur horizon avec "Welcome to Mali"
PARIS(AFP) (AFP) - Quatre ans après "Dimanche à Bamako", Amadou et Mariam sortent lundi "Welcome to Mali", un album brillant qui élargit l'horizon musical du couple malien et s'ouvre sur le formidable single "Sabali", produit par l'Anglais Damon Albarn, le leader de Blur et Gorillaz.
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| Les chanteurs et musiciens Amadou et Mariam, le 28 octobre 2008 à Paris (© AFP - Alix Guigon) |
"Sabali" ("La patience"), qui est l'une des meilleures chansons de l'année, est extrêmement différente des autres morceaux d'Amadou et Mariam. Albarn l'a basée sur des sons électro qui rappellent l'univers de Gorillaz tout en épousant parfaitement la voix de Mariam et les textes touchants du couple aveugle (l'irrésistible leitmotiv "Chéri, je te fais un gros bisou").
Albarn, dont on connaît l'amour pour les musiques du monde (il avait composé l'an dernier un opéra-pop chinois), a rencontré le couple en 2006. De là est née l'idée de cette collaboration.
"Lui aimait la musique malienne et nous, nous étions enchantés de travailler avec lui. On a beaucoup appris, il aime les recherches musicales et change les morceaux tout le temps, alors que nous travaillons plutôt de manière instinctive", explique à l'AFP le duo, qui a participé fin octobre au festival African Express organisé par Albarn en Angleterre.
Bien que plus habituel que "Sabali", le seul titre produit par la star anglaise, le reste de l'album traduit lui aussi la volonté du couple de métisser sa musique, en mariant ses racines africaines à des éléments occidentaux.
"On avait envie d'élargir notre style musical, souligne Mariam. On aime les mélanges: quand on était jeunes, on écoutait du rock, du blues, de la pop, des gens comme Led Zeppelin, Pink Floyd ou James Brown".
"C'est peut-être plus abouti sur ce disque mais on a toujours tenté des mélanges, renchérit Amadou. On défend ce côté universel de la musique".
"Dimanche à Bamako" (300.000 ventes en France, 500.000 à l'étranger et une Victoire de la musique en 2005) était essentiellement l'histoire d'une rencontre avec Manu Chao, qui l'avait produit. Encore plus réussi, "Welcome to Mali" (Because) est lui né de rencontres multiples puisque le rappeur canadien d'origine somalienne K'Naan, le Nigérian Keziah Jones, l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly ("Un frère", selon le couple) ou les Français -M- et Juan Rozoff y ont participé.
Ce disque ouvert sur le monde pourrait permettre au couple d'augmenter sa notoriété dans les pays anglo-saxons. Le mouvement amorcé avec "Dimanche à Bamako", qui avait été nommé aux Grammy Awards, avait permis au duo de jouer dans les grands festivals anglais et américains, d'être choisi pour interpréter l'hymne officiel du Mondial 2006 de football ou de faire la première partie de la tournée anglaise du groupe américain Scissor Sisters.
Pour Amadou Bagayoko, 54 ans, et Mariam Doumbia, 50, l'album est aussi un plaidoyer pour l'Afrique.
"On a voulu dire qu'il n'y avait pas que la guerre et la famine mais aussi la solidarité, la joie de vivre, souligne Amadou. Le côté universel de la musique africaine doit être reconnu partout, pour qu'à travers ses musiciens on change le regard des gens sur le continent".
Les textes du couple peuvent sembler naïfs. Lorsqu'on leur en fait la remarque, Amadou et Mariam répondent dans un large sourire: "Les gens ont tendance à trop compliquer les choses. Ca peut paraître naïf mais on veut dire l'essentiel d'une manière très simple. On chante pour donner de l'espoir aux gens, leur dire: +Si ça ne va pas aujourd'hui, ça peut aller mieux demain".